Un trouble durable qui altère la compréhension des nombres, du sens du calcul et du raisonnement mathématique.

Qu’est-ce que la dyscalculie ?
La dyscalculie est un trouble spécifique qui affecte l’apprentissage des mathématiques, la maîtrise du nombre et du calcul. L’enfant ou l’adulte dyscalculique peine à se représenter la quantité, à comprendre ce qu’est un chiffre et à automatiser les opérations de base.
Tout comme la dyslexie pour la lecture, la dyscalculie n’a aucun rapport avec l’intelligence générale de la personne ou un manque d’effort.
À savoir
La dyscalculie est un trouble moins connu mais tout aussi handicapant. Elle peut être isolée ou associée à d’autres troubles du neurodéveloppement, notamment la dyslexie, la dyspraxie (TDC) ou le TDAH.
Comment se manifeste-t-elle au quotidien ?
Les difficultés touchent autant le domaine scolaire que les gestes de la vie quotidienne :
- Le sens du nombre et la numération :
- difficultés à comprendre la relation entre le symbole (« 5 »), le mot (« cinq ») et la quantité réelle (5 objets).
- difficultés à comparer deux grandeurs (savoir lequel de deux nombres est le plus grand).
- confusions ou inversions dans l’écriture des nombres (ex: 14 et 41, ou 70 et 60).
- Les opérations et le calcul :
- incapacité à mémoriser les tables d’addition et de multiplication.
- recours systématique et prolongé au comptage sur les doigts.
- incompréhension des symboles mathématiques (+, -, ×, ÷, =).
- difficultés à poser une opération en colonnes (problème d’alignement spatial).
- Le raisonnement et la résolution de problèmes :
- difficulté à comprendre ce qui est demandé dans l’énoncé d’un problème.
- incapacité à choisir la bonne opération mathématique pour résoudre une situation.
- Vie quotidienne et repérage :
- grandes difficultés pour lire l’heure sur une horloge à aiguilles, estimer une durée ou gérer un emploi du temps.
- difficultés à gérer la monnaie, calculer le rendu de pièce ou évaluer un prix.
Diagnostic et prise en charge
Pour poser un diagnostic précis et éliminer d’autres causes (comme une baisse d’audition/vue ou un blocage émotionnel face aux maths) :
- Le bilan orthophonique : l’orthophoniste spécialisé(e) en cognition mathématique évalue la compréhension du nombre, la logique et les capacités de calcul.
- Le bilan neuropsychologique : utile pour explorer les fonctions visuo-spatiales, la mémoire de travail et l’attention.
La rééducation repose sur l’utilisation de matériel concret et visuel pour aider le cerveau à manipuler et comprendre les quantités autrement.
Les aménagements incontournables à l’école
Dans le cadre d’un PAP ou d’un PPS, des adaptations permettent à l’élève de poursuivre sa scolarité sans être bloqué par la mécanique du calcul :
- Outils d’aide au calcul : autoriser l’utilisation de la calculatrice, de tables de multiplication/addition visuelles ou de règles d’aide à la numération.
- Supports visuels et manipulables : utiliser des jetons, des réglettes de couleur, des abaques ou des schémas explicatifs.
- Adaptation des consignes :
- surligner les mots-clés et les symboles importants dans les énoncés de problèmes.
- utiliser du papier quadrillé à gros carreaux pour faciliter l’alignement des chiffres.
- Tiers-temps et valorisation de la démarche : accorder du temps supplémentaire et évaluer la logique du raisonnement même si le résultat du calcul est faux due à une erreur d’inattention.
