APEDYS HÉRAULT

Comprendre les troubles DYS pour agir au mieux


La Dysgraphie

Un trouble de la conduite du trait qui rend l’écriture manuscrite lente, illisible ou douloureuse.

Qu’est-ce que la dysgraphie ?

La dysgraphie est un trouble spécifique qui affecte l’écriture manuscrite dans sa réalisation motrice et spatiale. L’enfant ou l’adulte dysgraphique ne parvient pas à automatiser le geste graphique : écrire lui demande un effort conscient, continu et extrêmement fatigant.

Il est très important de souligner que la dysgraphie n’a aucun rapport avec un déficit intellectuel, un manque de volonté ou un manque d’entraînement.

À savoir

La dysgraphie est très souvent associée à une dyspraxie (TDC), mais elle peut également découler d’un TDAH (impulsivité du geste) ou se manifester seule.

Comment se manifeste-t-elle au quotidien ?

Les difficultés d’écriture se remarquent très vite à l’école et impactent tout le travail écrit :

  • Qualité du tracé (forme) :
    • Lettres déformées, mal fermées, de tailles très inégales.
    • Lignes d’écriture montantes, descendantes ou qui chevauchent les carreaux.
    • Mauvaise gestion de l’espace sur la feuille (marges non respectées, mots collés ou trop espacés).
  • Lenteur et fatigue intense :
    • Écriture extrêmement lente, ce qui empêche de prendre des notes à la vitesse de la classe.
    • Crampes, douleurs dans la main, le poignet, le bras ou les épaules.
    • Tensions posturelles globales (enfant « avachi » sur sa table ou crispé sur son stylo).
  • Surcharge cognitive :
    • Parce que 100 % de l’attention est concentrée sur la façon de former la lettre, l’élève ne peut pas réfléchir au sens du texte, aux règles d’orthographe ou aux consignes.

Diagnostic et prise en charge

Pour faire la différence entre une simple « mauvaise écriture » passagère et une véritable dysgraphie, des bilans précis sont indispensables :

  • Le bilan graphomoteur / psychomoteur : Réalisé par un psychomotricien ou un graphothérapeute, il évalue la qualité du tracé, la vitesse, la posture et la tenue du stylo.
  • Le bilan d’ergothérapie : Recommandé pour tester et mettre en place l’outil informatique si le geste manuscrit devient trop coûteux.

Le suivi rééducatif permet d’assouplir le geste, de corriger la posture ou de guider la transition vers la frappe au clavier.

Les aménagements incontournables à l’école

Dans le cadre d’un PAP ou d’un PPS, des adaptations doivent être mises en place rapidement pour éviter que la difficulté à écrire ne bloque l’accès aux apprentissages :

  • Passage à l’ordinateur ou à la tablette : Remplacer l’écriture manuscrite par la saisie au clavier pour les cours et les évaluations.
  • Supports adaptés :
    • Fournir des photocopies de cours ou faire copier les leçons par un camarade / AESH.
    • Proposer des évaluations avec des QCM, des textes à trous ou des exercices à relier.
    • Utiliser du papier avec un lignage spécifique (ex: lignage Seyes agrandi ou Lignes DYS de couleurs).
  • Outils ergonomiques : Stylos adaptés, guides-doigts, ou supports d’écriture inclinés.
  • Tiers-temps ou réduction de la quantité d’écrit : Ne pas exiger la copie de longs énoncés.