Un trouble neurodéveloppemental qui impacte la régulation de l’attention, de l’impulsivité et de l’activité motrice.

Qu’est-ce que le TDAH ?
Le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement d’origine biologique. Il est lié à un dysfonctionnement des neurotransmetteurs (notamment la dopamine) dans les zones du cerveau chargées des fonctions exécutives (planification, inhibition, mémoire de travail, contrôle des émotions).
Ce n’est ni un problème d’éducation, ni un manque de bonne volonté, ni de la paresse.
Les trois grands symptômes clés
Le TDAH se manifeste par trois aspects principaux, combinés à des degrés divers selon chaque individu :
1. L’inattention (incapacité à maintenir l’effort attentionnel)
- Facilement distrait par les bruits ambiants ou les stimuli visuels.
- Difficultés à organiser ses tâches, gérer son temps et suivre des consignes longues.
- Perte ou oublis fréquents d’objets du quotidien (affaires scolaires, clés, vêtements).
- Impression que l’enfant est « dans la lune » ou n’écoute pas quand on lui parle directement.
2. L’hyperactivité
- Agitation motrice constante : se trémousse sur sa chaise, remue les mains ou les pieds.
- Difficulté à rester assis quand la situation l’exige (en classe, à table).
- ou hyperactivité cérébrale, sensation d’un « moteur interne » qui ne s’arrête jamais.
3. L’impulsivité (incapacité à inhiber une réaction)
- Interrompt les conversations ou répond avant que la question ne soit terminée.
- Grande difficulté à attendre son tour (dans une file ou lors de jeux).
- Réactions émotionnelles intenses et mal régulées (frustration, colère, hypersensibilité).
Le TDA sans « H » (Inattentif pur) :
L’hyperactivité motrice n’est pas obligatoire. Chez certains enfants (et très souvent chez les filles), le trouble se manifeste uniquement par de l’inattention passive et de la rêverie, ce qui rend son diagnostic plus tardif.
Diagnostic et prise en charge pluridisciplinaire
Le diagnostic de TDAH est un diagnostic médical. Il repose sur des critères cliniques précis (les symptômes doivent être présents depuis plus de 6 mois et avoir un retentissement dans au moins deux milieux de vie : école et maison).
Les professionnels consultés :
- Le médecin spécialiste : neuropédiatre, pédopsychiatre ou pédiatre, seuls habilités à poser le diagnostic médical et prescrire si besoin un traitement médicamenteux comme le méthylphénidate.
- Le neuropsychologue : réalise un bilan psychométrique (WISC) et des tests attentionnels (TEA-Ch) pour évaluer les fonctions exécutives.
- Le psychomotricien / l’ergothérapeute : pour rééduquer la gestion de l’agitation, la graphométrie ou l’organisation spatio-temporelle.
Association très fréquente (co-morbidité) :
Plus de 60 % des personnes TDAH présentent un ou plusieurs autres troubles associés : Dyslexie, Dyscalculie, Dyspraxie (TDC), ou troubles anxieux.
Aménagements indispensables à l’école et conseils
Pour aider l’élève TDAH à réussir sans s’épuiser, des aménagements pédagogiques (PAP ou PPS) sont nécessaires :
- Placement en classe : placer l’élève au premier rang, près de l’enseignant et loin des sources de distraction (fenêtres, portes, camarades bavards).
- Consignes fractionnées : donner une seule instruction à la fois, courte et visuelle.
- Gestion du temps et Pause : accorder des pauses motrices autorisées (aller chercher une craie, distribuer des feuilles) et accorder un tiers-temps pour les évaluations.
- Matériel ergonomique : autoriser les fidgets, coussins d’assise dynamique ou bandes élastiques sous la chaise.
- Renforcement positif : valoriser les réussites, éviter les punitions liées au manque d’attention et préserver l’estime de soi.
