Quelle place et quelle vigilance pour nos enfants DYS ?
Une réforme d’ampleur pour les enseignements du français et des mathématiques
Dans le cadre du dispositif gouvernemental « Choc des savoirs », l’organisation des enseignements de français et de mathématiques au collège évolue avec la mise en place de groupes constitués en fonction des besoins des élèves.
Arrêtée par le chef d’établissement en concertation avec les équipes pédagogiques, la répartition des élèves s’appuie sur l’expertise des professeurs, les bilans des conseils école-collège et les évaluations nationales de début d’année. L’objectif affiché par le ministère est de proposer des effectifs réduits pour les groupes d’élèves rassemblant les plus grandes difficultés.
Textes de référence
Note de service du 15 mars 2024 (Légifrance)
et Bulletin Officiel spécial n°2 du 18 mars 2024 (Éduscol).
Face aux groupes de besoin : l’inquiétude légitime des familles d’enfants DYS
Les élèves présentant un Trouble Spécifique du Neurodéveloppement (DYS, TDAH…) sont par définition des élèves à besoins éducatifs particuliers. Si leur trouble impacte la lecture, la rédaction, le calcul ou l’organisation, il ne remet aucunement en cause leurs capacités de raisonnement.
Face à cette nouvelle organisation, une question cruciale se pose pour notre association et pour les parents que nous accompagnons : nos enfants risquent-ils d’être orientés systématiquement dans les groupes d’élèves en grande difficulté, voire regroupés avec des sections SEGPA, au risque de les stigmatiser ?
Le risque majeur est de confondre trouble d’apprentissage (DYS) et déficit d’aptitude cognitive, en privant l’élève de la stimulation du groupe classe et des aménagement indispensables à sa réussite.
L’alerte officielle du CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées)
Cette inquiétude est largement partagée par les instances nationales du handicap. Dès le Comité national de suivi de l’école inclusive, le CNCPH a interpellé le ministère de l’Éducation nationale sur les risques de dérive de ce dispositif.
Extrait de la position du CNCPH :
« Le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) avait alerté le ministre de l’Éducation nationale […] sur les risques d’une ségrégation accrue des élèves en situation de handicap. En effet, certains élèves en situation de handicap confrontés à des difficultés d’apprentissage pourraient être affectés au sein de groupes destinés aux élèves les plus en difficulté, accentuant ainsi le sentiment d’assignation sans garantie que des aides et appuis nécessaires ne leur soient apportés pour qu’ils puissent progresser. »
Le CNCPH pointe deux écueils principaux :
- L’assignation et la stigmatisation : l’enferment d’un élève DYS dans un groupe « faible » permanent peut altérer son estime de soi et freiner sa progression.
- L’absence de garantie de compensation : être dans un groupe réduit ne remplace pas la mise en œuvre effective d’un PAP, d’un PPS ou de l’accompagnement par une AESH.
Les points de vigilance pour les parents
Pour que les droits de votre enfant soient respectés dans ce nouveau cadre réglementaire, voici ce à quoi vous devez veiller :
- Maintenir la priorité absolue aux aménagements (PAP / PPS / PPAE) : quel que soit le groupe dans lequel est affecté votre enfant, ses adaptations (ordinateur, tiers-temps, supports agrandis, dictée aménagée) restent obligatoires et opposables.
- Exiger la flexibilité et la mobilité des groupes : les groupes ne doivent pas être des « filières étanches ». Un élève DYS peut avoir besoin d’appui sur le code écrit en français tout en excellant en réflexion mathématique ou en oral.
- Dialoguer dès la rentrée avec l’équipe pédagogique : n’hésitez pas à échanger avec le professeur principal et le chef d’établissement lors des équipes de suivi pour rappeler que le besoin de compensation d’un trouble DYS ne doit pas être assimilé à un retard scolaire global.
APEDYS Hérault reste à vos côtés
Nous continuons de porter la voix des familles auprès des autorités académiques pour que l’école inclusive ne soit pas affaiblie par les réformes organisationnelles.
